Un peu d’histoire (s)

Le domaine

Le Domaine de Labarthe semble avoir toujours existé dans cette douce vallée du Reignac – du nom du ruisseau qui le borde.

Extraits :  Archéologie du bâti du Domaine de Labarthe par C. Bourrières – 2019 :

L’existence de la métairie de Reganhac est attestée dès la seconde moitié du XVI ème siècle. Elle  appartenait alors à un avocat cadurcien Pierre de Reganhac dont les accointances avec l’évèque de Cahors devait parachever la prospérité.   

En 1653, la métairie fût vendue par ses descendants à la communauté de chanoines réguliers de l’ordre de Saint Augustin fondée à Cahors par l’évêque Alain de Solminihac. A l’instar de ce dernier, qui avait institué le château de Mercuès lieu de résidence champêtre des évêques de Cahors, ils cédèrent trois parcelles de la métairie et firent construire en bordure de leur propriété une demeure digne de leur ministère : une bâtisse avec 7 ouvertures face à l’est. L’origine du futur domaine de Labarthe …

Lors de son rachat en 1705 par un autre cadurcien, Labarthe  se composait de terres et de granges essentiellement vouées à la production de céréales – un bail de métayage daté de 1727 indique la culture de froment, l’élevage de porcs et de brebis  et, la présence de cinq bœufs !

L’heureuse famille Valet qui s’y installa  en 1736,  multiplia les acquisitions de terres, prés et vignes et particulièrement au bord du ruisseau. La culture de la vigne  se développa.  La production de vin et son négoce devinrent l’activité majeure créant des débouchés  notamment à Bordeaux où  ‘’les bons vins de Labarthe’’ étaient vendus comme l’atteste des lettres d’un négociant bordelais, datées de 1755 . Celles-ci évoquent la qualité de deux tonneaux de vin de goutte de raisin noir produits à Labarthe en cette année et le vin de presse provenant de la même vendange.

Cette prospérité permis  la construction de l’étonnante chartreuse de 40 m de long et, dans les années 1770, du grand chai.

En 1791, un descendant de cette famille conforta l’étendue du domaine en rachetant les terres voisines des chanoines saisis comme biens nationaux. Le domaine était constitué.  Ces terres agricoles, ce vaste vignoble et l’ ensemble à la qualité architecturale remarquable : caves voutées, tours pigeonniers, grange, chartreuse, chai, sont aujourd’hui toujours en état.

Le chai fût en fonctionnement jusqu’à la crise du phylloxera dans les années 1880. Au début du XXème siècle il fût réaffecté à la production des noix.

Les années d’occupation ont vu passer un temps une colonie d’enfants juifs réfugiés dans les murs de la chartreuse. Une dame du village témoigne que les parquets des salons de Labarthe ont supporté les danseurs lors des bals clandestins organisés par la jeunesse locale …

Aujourd’hui, Labarthe poursuit sa restauration et sa reconversion mais reste avant tout un lieu de villégiature paisible et heureux.

Le domaine de Labarthe

un patrimoine unique

L’ancien domaine avec ses vignes, ses champs de tabac et ses noyers fut exploité jusque dans les années 1950. Aujourd’hui, bien que réduit en surface, le domaine poursuit l’exploitation des noix – la variété Franquette y est cultivée sur 6 hectares.

A Labarthe, le vin, autre passion et activité professionnelle de ses propriétaires,  est toujours à l’honneur avec une cuvée 100% Malbec, baptisée du nom de  ‘’Canonicat de Labarthe’’.

 

Malgré les efforts des propriétaires pour l’éviter, l’urbanisation peu à peu ceinture le domaine.  Pour tenter de conserver le site, chaque hiver des arbres résistants à la sécheresse sont plantés : cyprès, oliviers, noyers ; ils confortent la barrière verte et protectrice du domaine et favorisent la biodiversité. Les parcelles agricoles bénéficient d’un fauchage tardif et bien sûr d’un entretien sans pesticides. 

 

 

Depuis près de quarante ans, fort de son histoire et de son patrimoine, le Domaine de Labarthe reçoit avec élégance et discrétion des hôtes du monde entier.

La tour de LISSANDRE

Côté sud, face à la noyeraie, l’élégante petite tour au toit « à quatre eaux » typique de la région clôture les limites de l’ancien jardin d’agrément.

Elle fût baptisée  du nom de l’ancien moulin à eau situé en contrebas du domaine : le moulin de Lissandre. Celui-ci à a appartenu aux chanoines réguliers de 1653 à la Révolution. On peut imaginer que ces mêmes chanoines utilisaient ce pigeonnier  comme lieu d’étude et de recueillement.

Aujourd’hui restaurée, la tour de Lissandre abrite une petite salle dédiée aux soins bien-être.

La grange, une très vieille bâtisse

La vaste grange de 180 mètres carrés est une des dépendances historiques majeure du domaine.
Elle est attestée  dès la fin du XVIe siècle et fût probablement restaurée entre 1705 et 1727 avec l’ajoût du comble à surcroît.  Conçue comme une grange-étable de type auvergnat, elle comprenait deux niveaux pour le cheptel et le fourrage sec.  Le rez-de-chaussée abritait les animaux tandis que le vaste fenil au-dessus pouvait recevoir de grandes quantités de foin. L’accès principal était une porte charretière au sud -aujourd’hui remplacée par une baie vitrée.

Sa réhabilitation récente a veillé à conserver les vestiges anciens : les 22 encoches qui recevaient les solives du plancher et les poteaux du comble à surcroît et les deux jours largement ébrasés qui éclairaient le fenil depuis l’ouest.

Aujourd’hui, restaurée, la grange de Labarthe accueille des réceptions.